dimanche 29 mai 2011

Les années douces, de Hiromi Kawakami

Décidément la littérature japonaise ne cessera jamais de m'étonner... dans le bon sens du terme !
Ce petit travail d'orfèvre - qui ne paie pas de mine de prime abord - nous décrit la rencontre un peu par hasard (encore une oeuvre du destin à coup sûr) entre une jeune femme appréciant sa vie de célibataire et son ancien professeur de japonais, ainsi que la relation qui va naître et se développer entre ces deux êtres solitaires qui vont redécouvrir les petits bonheurs partagés à deux.

Banale histoire déjà écrite moultes fois me direz-vous. Et vous aurez mille fois raison ! Je peux par ailleurs également  comprendre les lecteurs qui n'ont pas été sensibles à la relative 'fadeur' du récit où il ne se passe rien, ou si peu... Mais c'est justement cette apparente banalité de l'histoire que l'auteur se plait à mettre en relief par ces petits détails auxquels la plupart d'entre nous ne prêtons même plus attention; un peu à l'image d'une peintre peaufinant sa toile avec des petits coups de pinceaux discrets ça et là donnant son cachet final à son oeuvre.

Chez Hiromi Kawakami, les évocations véhiculent plus d'émotion que les mots prononcés et les décors participent autant à l'ambiance de la scène que les personnages.

Une très bonne découverte pour moi donc, par laquelle je vous conseille ardemment de vous laisser tenter, à lire tant en hiver enmitouflé sous un gros plaid ou à l'ombre d'un cerisier en fleurs durant la saison ... douce ;-).

A bientôt pour d'autres découvertes

lundi 25 avril 2011

Le théorème d'Almodovar, de Antoni Casas Ros

Premier roman d'un écrivain catalan français, et jolie surprise pour moi qui aime les romans (mais en est-ce bien un ?) avec une touche de poésie...

En deux mots, le narrateur y raconte son parcours (du combattant) suite à un accident de la route (occasionné par un cerf) au cours duquel il perd sa fiancée, mais aussi son visage... En vrai pigeon voyageur, il déménage régulièrement, vivant reclus en donnant des cours de mathématiques via internet, ne sortant que le soir (pour fuir le regard des gens dits normaux), et vivant surtout la nuit.
Il fera des rencontres décisives, comme un transsexuel prostitué au grand coeur, le cinéaste Almodovar , mais aussi le fameux cerf... Tous trois lui en apprendront un peu plus sur ses peurs et ses doutes.

Les thèmes abordés et les réflexions à méditer dans ce court roman sont légion, comme la guerre civile espagnole et le fachisme, la beauté du corps et des arts, le besoin pour tout personne d'être aimée, le regard des autres, la nécessité de vivre SA vie comme on l'entend, ...Tout cela baigné dans un éther de théorèmes mathématiques, de poésie et de surréalisme nous donne - comme vous l'aurez compris - un roman atypique, voire inclassable sortant du lot, comme on aimerait en lire plus. Chapeau donc à l'auteur pour un premier roman de cette verve.

Il va sans dire que son livre 'Enigma' (sortant en juin en poche) compte déjà un lecteur impatient de voir sa sortie en librairie..

A bientôt donc pour un nouveau coup de coeur...

dimanche 10 avril 2011

Confession d'un masque, de Yukio Mishima


Poursuivant ma découverte de l'oeuvre de Mishima, je me suis cette fois attaqué à un livre qu'il à écrit à 24 ans.
Roman que l'on devine aisément fortement autobiographique si l'on compare la vie du personnage principal à celle de Mishima. Une vie sans grand soutien parental, un physique frêle et une santé plus que fragile font sentir dès sa naissance au héros -bien malgré lui- que la vie n'est pas exactement un cadeau (ou un empoisonné alors)... la 'cerise sur la gâteau' étant la découverte de son a-normalité, à savoir son homosexualité combinée à des tendances perverses, voire sadomasochistes. 
Il s'agit donc ici de la confession d'un être se sentant obligé de paraître 'normal', et de vivre ce qu'il considère comme une maladie sous les traits d'un masque. D'où le titre du livre ...

Parler d'un livre aussi dense n'est pas aisé; mais un paragraphe résume assez bien la vision que le héros (et donc Mishima) a de sa vie, ainsi que comment il envisage son (tragique) dénouement : 

"Les raids aériens devenaient plus fréquents. J'en avais une peur extraordinaire et pourtant j'attendais en même temps la mort avec une sorte d'impatience, avec une espérance pleine de douceur. L'avenir était pour moi un lourd fardeau. Dès le début, la vie m'avait écrasé sous un pesant sentiment du devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d'accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement. C'est pourquoi j'aspirais à l'immense soulagement que sans aucun doute m'apporterait la mort si seulement, comme un lutteur, je pouvais arracher de mes épaules le lourds poids de la vie. J'acceptais avec volupté la conception de la mort en honneur pendant la guerre."


On l'aura compris, la vie de Mishima n'avait aucune chance de se terminer en conte de fées... Jusqu'au bout il aura tenu à donner à sa vie (et donc à sa mort) un côté théatral.

Quand j'ai appris que Mishima écrivit ce récit à ving-quatre ans à peine, je fus sidéré par sa maturité à sonder son âme et à analyser avec une telle finesse ses sentiments équivoques.


En résumé, un livre qui n'est certes pas simple à aborder; mais qui mérite le détour pour qui veut en apprendre plus sur les démons et contradictions qui ont hanté la vie de ce grand écrivain qu'est Mishima. 


P.S. : à bientôt pour mes nouvelles découvertes japonisantes (vu que j'y ai pris goût...)


samedi 26 février 2011

Dojoji et autres nouvelles, de Yukio Mishima

Pour une fois, le quatrième de couverture ne trompe pas le lecteur sur la marchandise. Il s'agit bien de faire connaissance en quatre courtes nouvelles avec l'univers de Mishima (pour 2 malheureux euros ! aucune excuse pour ne pas profiter de cette occasion....!). C'est donc par ce court recueil que j'ai commencé. Il m'a plus tant les nouvelles sont différentes tant par la forme (une pièce de théâtre dans "Dodoji"), que le ton (léger dans "La Perle"), et le thème (les geïshas dans "Les Sept Ponts").

Mention spéciale pour "Patriotisme", où il vaut mieux avoir l'estomac (et le ventre) bien accrochés, tant la violence des mots et des images est forte. Le lecteur en devient presque fasciné par la fascination du lieutenant pour la beauté de sa propre mort. Deux thèmes chers à Mishima : beauté et mort; la boucle est bouclée...

Ce recueil m'a en tout cas donné envie de poursuivre ma découverte de cet auteur.

A bientôt pour de nouvelles découvertes ;o)

mardi 21 décembre 2010

Mon blog littéraire est enfin en ligne

Je viens de créer mon modeste blog littéraire suite à ma sélection pour participer à l'initiative Masse Critique du site Babelio. Je critiquerai à cette occasion le livre "Le Bal du Diable" de Nadine Monfils. Voici le résumé bien intriguant que j'en ai reçu :
"Le petit cul moulé dans des rêves de soie, Nina croque l'amour avec gourmandise. Jusqu'au jour où elle épouse le diable aux gants blancs. Séduisant et vénéneux, il l'emprisonne dans son château d'épines, peuplé de nains, de fétichistes, de monstres, de personnages de cirque et d'anges aux ailes de cuir... La descente aux enfers du sexe n'est rien à côté de cette histoire où, avec une plume de " contes de fées ", on pénètre dans les fantasmes les plus vénéneux d'une Belge surréaliste. Lynch violé par Fellini."

J'ai hâte de me plonger dans cet univers  mystérieux que je ne connais pas, même pas en rêve...
Je vous tiendrai au courant - si du moins je survis à cette lecture...

A bientôt donc